2019

RETOUR DE MISSION EN HAÏTI DU 11 JUIN AU 27 JUIN 2019

Suivi des projets appuyés par Désir d’Haïti en 2018/2019

Mutuelles de solidarité

Rencontre des 4 promoteurs (Clémencia, Danie, Anne Venette et Jean François), qui accompagnent 50 mutuelles de solidarité, ce qui représente environ 1 500 bénéficiaires qui ont notamment accès au microcrédit. Sur la photo, au premier plan Julio qui assure les formations et le suivi des mutuelles. Nous avons fait un point sur les différentes mutuelles pour analyser les difficultés rencontrées. Ce qui ressort, c’est que les membres du bureau des mutuelles ont du mal à prendre des responsabilités et se reposent beaucoup sur leur promoteur.

Témoignage de bénéficiaires de microcrédit : amélioration de leurs conditions de vie.

Une étudiante : « j’ai créé un studio cosmétique car je fais des études dans ce domaine, cela me permet de financer mes études ».

Une commerçante : « mon commerce était en faillite, grâce au crédit, j’ai remonté la pente, je suis sortie la tête haute. »

Un jeune homme : « je suis heureux que la mutuelle accepte les hommes, cela m’a permis de faire de l’élevage de bœufs, je les vends aux marchés aux bestiaux de Ducis et Chantal ».

Une infirmière ; « je vends des produits pharmaceutiques car je n’ai pas encore trouvé de travail, j’étudie en complément ».

Une femme :  »j’ai acheté un cabri, des pieds de noix de coco et d’igname, des tôles et des produits alimentaires, j’ai fait un bon bénéfice qui me permet de nourrir ma famille sans problème ».

Une mère de famille :  »grâce au crédit, j’ai permis à mon fils d’aller en terminale, la mutuelle permet de débuter dans l’activité, c’est un levier pour améliorer notre vie ».

En plus du fait qu’on ait droit au crédit, on a créé une famille, on échange, on est solidaire entre nous, on a plaisir à se retrouver, on fait des fêtes. »

Moulin de Bellevue

Le bâtiment du moulin est construit, il reste à mettre la porte métallique et à faire l’enduit. Il semble que le projet tarde en raison des difficultés d’approvisionnement liées à la situation politique (grève, manifestations, barricades).

Le moulin devait être acheté à Port-au-Prince, la commande n’avait pas été passée tant que le bâtiment n’était pas fini, le Père Gousse dit « on construit la maison et après on achète les meubles ». À cause des difficultés du pays, Père Gousse a décidé de passer la commande du moulin localement, à l’atelier de Camp-Perrin. Il dit qu’il n’y a pas d’urgence car les cultures n’ont pas commencé à cause de la sécheresse. Normalement la mise en terre des plantations se fait en mars – avril, nous sommes en juin et les terres du secteur d’Aquin ne sont pas encore cultivées en raison du manque d’eau.

Citerne de Ste Bernadette

Nous sommes allés à la rencontre des habitants de Ste Bernadette, qui ont bénéficié d’une citerne de récupération d’eau de pluie sur le toit de l’école. C’est après une heure de marche dans les mornes que nous apercevons la toiture de l’école. Toute la population est présente pour l’inauguration de cette citerne. Il faut dire qu’auparavant, ils étaient obligés de descendre à la rivière pour chercher de l’eau et grimper chargés, sous un soleil de plomb, jusqu’à leur village. Nous nous rendons compte qu’une 2ème citerne serait nécessaire grâce à la surface de la toiture et compte tenu du nombre d’utilisateurs.

Captage de la source Mathieu à Kalabou

Randonnée vers la source Mathieu et le captage de la source Kalabou avec le père Wilnès. Le dénivelé est très important.

Le captage de la source a été réalisé et la construction du réservoir est en cours. La ligne d’adduction est de 2,5 km (canalisation en plastique ou galvanisée selon la nature du terrain rocailleux ou non). L’adduction alimente 3 bornes fontaines. Il reste à réaliser 540 m de canalisations. Les bornes fontaines seront placées à 50 m de la ligne d’adduction, dans les hameaux de Mathieu. Le réservoir fait 24 m3, au total. Ce sont 600 familles qui seront bénéficiaires de cette eau.

C’était le jour du marché, toute la population descendait à Chantal pour vendre ses produits locaux. Certains disaient « vous allez au captage de la source, la blanche (que je suis) n’arrivera pas en haut ! ». Après 2 heures de marche sur un terrain très pentu et rocailleux et sous la chaleur, j’y suis arrivée pour voir le captage et l’avancée des travaux. Tout au long du chemin, les bénéficiaires nous remerciaient de l’arrivée de l’eau qui leur change leur vie

Rencontre des apiculteurs à Chantal

Rencontre avec les 10 candidats à l’apiculture et Magueny Malbranche, apiculteur.

J’informe les présents que Magueny Malbranche, qui a une expérience dans l’apiculture, va venir suivre une formation en France durant les mois de juillet et août prochains et qu’il sera leur référent. Dès son retour, il fera une réunion pour expliquer ce qu’il aura découvert et transmettra ses connaissances. Professeur de métier, bien que très réservé, il y est habitué.

Actuellement, Magueny fabrique des ruches à Aquin et les apportera à Chantal. À ce jour, il en a construit 10. L’idée est que les 10 futurs apiculteurs bénéficient chacun de 2 ruches pour commencer. Nous avons été chez Magueny où il habite à François (Vieux bourg d’Aquin) pour voir ses ruches. Il en a 7 qu’il va transporter à Chantal, car à François il n’y a pas assez de plantes mellifères et la zone est très sèche.

Père Gousse rappelle que c’est un projet solidaire comme toujours pour Fonhsud. Les bénéficiaires recevront 5 ruches et dès qu’ils en tireront un bénéfice, ils devront en redonner 2 à d’autres personnes qui veulent aussi faire de l’apiculture.

Un galon de miel (3,7 l) est vendu 3 000 gourdes (environ 32 €, soit 8,60€ le litre). En Haïti, par an, une ruche donne entre 4 et 5 galons de miel + la cire. Il n’y a pas de problème pour la vente, les markets des Cayes et de Port-au-Prince recherchent ce produit qui manque car c’est un produit rare et un peu cher.

La Fondation Paysan du Sud, gérée par le Père Yves, est aussi intéressée par l’apiculture. Elle a 2 personnes candidates pour suivre une formation en France chez des apiculteurs professionnels, comme Magueny de Fonhsud. Il s’agit de Jemson Muscadin et de Natacha Maurice.

Philippe Poirier de l’association Apiflordev est en recherche d’apiculteurs prêts à leur transmettre leur savoir.

De plus la Fondation Paysan Sud a le projet de réaliser un rucher école sur un terrain à Carrefour Joute.

Rencontre avec Sénat Frisner, responsable de la coopérative bancaire à Carrefour Joute


La coopérative a un agrément du CDC (Conseil National des Coopératives).

Elle est gérée par un conseil d’administration dont la Fondation Paysans du Sud fait partie. Elle compte 230 membres dont 10 mutuelles de 100 personnes. La coopérative prête aussi bien aux membres des mutuelles qu’aux membres adhérents de la coopérative.

C’est un outil financier dont la Fondation Paysans du Sud est à l’initiative. Les prêts servent pour l’élevage, la pêche et le commerce. Frisner assure le suivi des mutuelles et fait des formations une fois par trimestre. Les membres de la coopérative cotisent 500 gourdes par mois pour leur prêt. Il y a 2 cautionnaires en cas de défaillance.