Urgence

2008

Programme d’urgence dans la zone suite aux cyclones d’août 2008.

2010

Programme de post-urgence suite au tremblement de terre du 12 janvier 2010, pour accueillir les 2000 réfugiés de Port au Prince, notamment :

Au niveau alimentaire

Dans les différents villages où les paysans sont organisés en mutuelle de solidarité, ces derniers ont pu servir des  repas chauds quotidiens.

Distribution d’aliments de base, riz, haricots rouges pour des familles dispersées.

Octroi d’une bourse alimentaire mensuelle pour la maîtresse de maison qui accueille des réfugiés chez elle, le montant varie en fonction du nombre de personnes hébergées.

Au niveau hygiène et soins médicaux

Achat de produits de désinfection, d’antalgiques, de nécessaires pour les pansements afin de faire les premiers soins pour les blessés légers. Les soins ont été effectués par les religieuses d’Aquin.

Fourniture de kit de soin.

Fourniture de kit d’hygiène (savon, shampoing, dentifrice, brosse à dents, serviettes de toilette…)

Au niveau éducatif et social

Financement d’un accompagnement psychologique pour adultes et jeunes afin d’essayer d’évacuer le traumatisme du séisme.

Octroi de bourses scolaires afin de permettre à ces enfants réfugiés d’essayer de reprendre leur vie d’enfant.

Prise en charge d’une prime pour les professeurs, à cause des cours supplémentaires donnés aux élèves réfugiés.

Fourniture de matériel sportif pour les jeunes afin qu’ils puissent se changer les idées par le sport comme le football et le basket.

Achat de kérosène pour le groupe électrogène afin de faire fonctionner la radio communautaire de Maniche, qui donne des conseils sur les précautions à prendre en cas de nouvelles secousses, sur les soins à suivre après blessures, sur l’accompagnement des enfants…….

Au niveau agricole :

Achat de semences et d’outils agricoles.

2016

Haïti, les pieds dans l’eau et les cheveux dans la tempête

Il est bien bon d’avoir la sensation de fraicheur quand on a les pieds
dans l’eau dans un pays tropical comme Haïti où la température nous
élève parfois jusqu’à 35 degrés et plus, même sous l’ombre de cet
amandier qui prend l’allure d’un véritable chapeau vert protégeant
contre le soleil.

Il est bien doux à l’oreille d’écouter ces chansons qui décrivent les
caresses des cheveux au vent, chansons d’église comme chansons
d’artistes dans le vent.

Mais, la réalité était tout autre pour ces familles de Labiche et de
Gelée, plage qui accueille constamment des visiteurs de partout, qui
pour sa mer claire bleuâtre et son sable fin, qui pour son poisson
grillé et ses lambis boucanés. Eh oui, alors que plusieurs de ces petits
restaurants sont partis dans l’aire de la tempête, les parents ne
savaient où donner de la tête avec les enfants. L’eau de la mer ne
faisant qu’un seul avec les eaux de la tempête, ce n’étaient plus
seulement les pieds qui étaient dans l’eau, c’était la moitié du corps.
C’est le lit, ce sont les meubles, les linges, les ustensiles de
cuisine, les vaisselles. Au fond, ce sont les pieds des maisons qui se
retrouvent dans l’eau, de la base jusqu’aux murs. Parallèlement, les
toitures ont comme profité de la danse pour se balader dans la tempête,
les tôles s’offrant la part belle sur la piste pour voler le plus haut
possible et atterrir à plusieurs lieux du domicile, comme des enfants
prodigues s’adonnant à des fugues. Ce type de danse nous rappelle le
rite petro pratiqué dans le vaudou, qui met les danseurs et danseuses en
transe pour mieux les faire virevolter. Pour leur part, les arbres ont
misé dans la danse offerte par la tempête, leurs branches, leurs
feuilles et même les troncs et les racines pour certains.

Au lendemain de l’ouragan Matthew – nous ne savons pas trop pourquoi on
lui a donné un nom anglais-, tous les éléments de l’écologie locale se
retrouvent ‘’desounen’’ (sans âme ou sans le /sonen/), comme ces
plaisanciers qui se sont bien amusés la nuit au prix de l’alcool et qui
se lèvent le matin, hébétés quand ils ne sont pas encore en état d’ébriété.

La grande majorité des gens se retrouvent sans gite. Ils vont demeurer
pendant plusieurs jours et même des semaines entières là où ils ont pris
refuge pendant l’ouragan : à l’école publique, à l’église qui avait une
toiture en béton, chez le voisin qui lui aussi avait une toiture
résistante. Ce qui rappelle le vieux souvenir du séisme du 12 janvier
2010 qui faisait craindre les constructions avec toiture en béton.

*La solidarité locale a sauvé des vies.*

Les premières informations ont permis à de nombreuses personnes de
quitter leur maison et de se réfugier là où c’était plus sécurisé. Les
voisins qui disposaient d’un local sûr, comme souligné plus haut,
n’hésitaient pas à accueillir les autres. L’ouragan était fort et a duré
longtemps. Pendant ce temps, les gens partageaient entre eux ce dont ils
disposaient.

*Debout et marche *

L’ouragan a mis les gens à genoux. Mais ils ne se sont pas enfermés dans
des lamentations continues. A 2, à 3, à 4, en famille, avec des voisins,
ils se mettent à déblayer les espaces jonchés d’arbres. Avec quelques
feuilles de tôle abimée, certains recouvrent une pièce pour se loger.
D’autres rafistolent tant bien que mal des cahutes qui les abritent
encore. Les voies de pénétration étaient obstruées à un point tel qu’il
a fallu attendre plusieurs jours avant que la mairie et les structures
non gouvernementales viennent desservir, surtout, les locataires des
abris provisoires. Au niveau de la paroisse, la solidarité a commencé
avec la mobilisation des jeunes qui sont partis à travers le territoire
visiter les gens, constater les dégâts et identifier les premiers besoins.

*La solidarité externe, un booster pour aller plus loin. *

Avec l’appui de Désir d’Haïti et d’autres partenaires, nous avons pu
aller au secours de nombreuses familles. Au fond, l’urgence est centrée
sur deux actions fondamentales : se nourrir et se trouver un abri. Après
avoir satisfait les besoins en produits alimentaires et hygiéniques, la
réhabilitation des habitations est urgente. De plus, il faut penser à la
recapitalisation (agriculture, commerce, élevage, etc…).

Nous sommes très reconnaissants devant ces manifestations concrètes de
solidarité.  Ce sont là des jalons qui matérialisent ce projet collectif
porté par de nombreux citoyens du monde qui luttent pour *un autre monde
possible*. C’est ce que Jésus a eu comme mission : se porter solidaire
des hommes pour les élever à la dimension de Dieu. C’est ce que la Noël
nous rappelle. C’est ce qui peut, au milieu des déboires où nous
plongent les grandes tempêtes humaines aussi bien que les ouragans
naturels comme Matthew, nous faire espérer un monde nouveau ponctué de
signes visibles d’humanité et de semences d’un monde solidaire possible.

Père Wilnès Tilus, fondateur de Fonhsud