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SITUATION ACTUELLE D’HAITI AU 14 AOUT 2025

Depuis son installation en avril 2024, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) est sous le feu des critiques. Ses opposants dénoncent un manque d’efficacité, des querelles internes, l’absence de résultats concrets en matière de sécurité et de gouvernance, ainsi que des soupçons persistants de corruption. Les promesses formulées à sa création n’ont pas permis d’améliorer la sécurité, et une grande partie de la population le perçoit aujourd’hui comme un organe impuissant, incapable de faire face à la crise multiple qui déstabilise le pays.

La mission internationale conduite par le Kenya, déployée à partir de juin 2024 pour appuyer la Police Nationale d’Haïti contre les gangs, compte environ 800 policiers kényans, auxquels se sont ajoutés 217 renforts en janvier 2025. Malgré quelques accalmies ponctuelles, les effets restent limités dans un contexte de coordination insuffisante et de ressources financières réduites. La violence reste à un niveau alarmant : plus de 6 000 morts ont été recensés en 2024, et plus de 1 600 au premier trimestre 2025, signe d’une aggravation. Les gangs contrôlent désormais environ 85 % de la capitale et étendent leur influence sur les axes routiers stratégiques. Les civils sont confrontés à des enlèvements, exécutions, traitements dégradants et déplacements forcés. Des accusations de violations graves des droits humains visent également certaines forces de sécurité et groupes d’autodéfense. Malgré l’aide internationale, l’État n’a toujours pas repris le contrôle de ces zones.

Le financement du CPT est aussi au centre des polémiques. Chaque membre coûte plus de 26 millions de gourdes par mois, soit un total dépassant 234 millions pour l’ensemble du Conseil. Ces montants paraissent démesurés dans un pays frappé par la pauvreté extrême et une crise humanitaire sévère. L’exemple d’une visite présidentielle étrangère de quelques heures, ayant mobilisé 500 millions de gourdes, alimente les critiques. Le 6 août 2025, Laurent Saint-Cyr a remplacé Fritz Alphonse Jean à la présidence du CPT, conformément à la rotation prévue tous les cinq mois. Il prend la tête d’une institution impopulaire, chargée de préparer le retour à des institutions élues avant le 7 février 2026, dans un climat de profonde défiance.

Or, la situation humanitaire est dramatique. Plus de 60 % des Haïtiens vivent sous le seuil de pauvreté, et environ 5,5 millions de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire. L’insécurité alimentaire touche 5,4 millions d’habitants, dont 2 millions en situation d’urgence et plus de 6 000 confrontés à la famine extrême. En juin 2025, on comptait 1,3 million de déplacés internes, dont 703 000 enfants. Malgré cela, le ministère de l’Éducation maintient la rentrée scolaire au 1er octobre 2025, pour une année théorique de 186 jours de cours. Sur le terrain, les réalités sont tout autres : écoles fermées, établissements occupés par des déplacés, grèves et manque de ressources. Des mesures d’urgence sont promises pour les zones les plus touchées, notamment dans l’Ouest, le Centre et l’Artibonite.

Sur le plan international, la France, les États-Unis, le Canada, la République Dominicaine et d’autres membres du « Core Group » poursuivent leurs efforts pour stabiliser le pays, mais leur action est jugée lente et peu efficace. L’ONU appelle à un embargo total sur les armes et à un soutien accru à la mission kényane, tandis que la République Dominicaine surveille étroitement l’évolution de la situation sécuritaire à sa frontière. Les partenaires étrangers conditionnent désormais leur aide à des progrès démocratiques concrets, tout en regrettant l’inaction des autorités haïtiennes. De même, la scène politique nationale reste morcelée. De nombreux partis et figures historiques contestent la légitimité du CPT et réclament un retour rapide à la démocratie. Cependant, aucun leader consensuel ni programme alternatif solide ne s’impose, et les divisions internes continuent d’alimenter l’instabilité.

Sur le plan judiciaire, l’arrestation de Nenel Cassy, ancien sénateur des Nippes et figure politique, est intervenue le 2 août 2025 à Pétion-Ville dans le cadre d’accusations de complot contre la sûreté de l’État, de financement d’organisations criminelles et de détournement présumé de fonds publics, notamment via la Caisse d’Assistance Sociale. Réginald Boulos, homme d’affaires influent et ancien candidat à la présidence, a quant à lui été interpellé en Floride vers le 17 juillet 2025 pour des soupçons de soutien logistique et financier à des gangs armés haïtiens ainsi que de blanchiment d’argent. Ces arrestations, saluées par certains comme un signal fort dans la lutte contre l’impunité, sont dénoncées par d’autres comme sélectives et motivées par des considérations politiques. Par ailleurs, la présence en France d’André Michel continue de provoquer une vive polémique : plusieurs organisations de la diaspora haïtienne l’accusent d’entraver la transition démocratique et demandent officiellement aux autorités françaises son expulsion, une pétition ayant déjà été lancée à cet effet.

À l’entame de la seconde moitié de 2025, Haïti demeure plongé dans une crise multidimensionnelle où s’additionnent insécurité extrême, paralysie institutionnelle, effondrement humanitaire et incertitude politique. Les quelques initiatives engagées n’offrent pour l’instant aucune perspective tangible d’amélioration à court terme pour la population

Newsletter du Collectif Haïti de France – Mai -Juin – Juillet 2025

Projet Apiculture dans les localités de Camp Perrin, Chantal et Carrefour Joute

Il y a bien longtemps que Désir d’Haïti et Apiflordev travaillent sur le projet d’apiculture avec ses partenaires haïtiens, Fondasyon Peyizan Sid (FPS) et Fonds haïtien d’appui au développement du Sud (Fonhsud).

Ce projet est né au retour de voyage en Haïti de deux apiculteurs français membres de l’association Apiflordev, invités par nos partenaires haïtiens. Lors de cette mission, ces deux apiculteurs ont pu présenter le potentiel du développement de l’apiculture à travers la mise en place de techniques plus productives et respectueuses de l’environnement.

Ils ont également pu identifier 3 apiculteurs haïtiens, qui assureront le rôle de référents dans le cadre de ce projet sur leur localité respective. En effet, des formations théoriques et pratiques d’Apiflordev seront proposées aux habitants des localités de Camp Perrin, Chantal et Carrefour Joute.

La production et la commercialisation du miel peuvent s’avérer très intéressantes dans un pays où la situation socio-économique se dégrade. Heureusement le sud d’Haïti n’est pas impacté directement par la violence des gangs qui sévissent à Port-au-Prince et ses environs.

Trois bailleurs ont accepté d’appuyer ce projet : La Guilde Européenne du Raid, dB’Human et Impala Avenir.

Grâce à eux, ce projet va enfin pouvoir se réaliser. Les premières réunions de démarrage ont eu lieu fin octobre 2024, menées par la chargée de projet Maudeline Pierre, agronome, dont les études ont été soutenues par l’agence Humantrip.

Christiane ESTEVES

Les vidéos de Désir d’Haïti

- Présentation de l’association

- Présentation d’Haïti

- L’interview de Christiane Esteves lors de l’exposition au Centre Brancion :

- 15 jours dans le sud d’Haïti

- Mutuelles de solidarité

- Film réalisé par la CDC Développement Solidaire à l’occasion de ses 35 ans

- Joël Francis

- Joël Gauthier

- Présentation du travail du boss-métal

Location de l’exposition « D’Ayiti à Haïti, la liberté conquise »

Désir d’Haïti a fait l’acquisition de l’exposition intitulée «  D’Ayiti à Haïti, la liberté conquise » auprès de l’association les Anneaux de la Mémoire à Nantes.

Tous les textes sont en français et en créole, les deux langues officielles d’Haïti.

Elle est constituée de 31 panneaux, sur bâche souple, format paysage 60 x 80cm (liste ci-dessous).

Nous la mettons à disposition en location au prix de 100 € par mois pour les associations, 250 € par mois pour les collectivités ou autres, frais d’expédition en sus (nous consulter).

Si vous êtes intéressé, contactez Christiane Esteves au 06 60 48 56 91 ou par mail à esteves.christiane@wanadoo.fr

1. Introduction : D’Ayiti à Haïti

2. Isabelle et Ferdinand

3. Caciques et caciquats

4. Les moines et la conquête

5. Cruels Espagnols

6. Mercantilisme espagnol

7. Aventuriers et conquérants

8. Les Isles Antilles

9. Dominer le monde par la mer

10. Saint-Domingue, à la fin du XVIIème siècle

11. Guerres et Paix

12. Code Noir

13. Commerce de l’Exclusif

14. Nantes, Le Havre, La Rochelle, Bordeaux, Brest

15. Le sucre

16. Sévices corporels

17. Compagnies royales

18. Abolitionnistes et anti-abolitionnistes

19. Saint-Domingue, fin du XVIIIème siècle

20. 1789

21. Bois Caïman

22. L’ordre à rétablir

23. L’esclavage, oui mais…

24. La guerre à se faire

25. Toussaint Louverture et la Constitution de 1801

26. La guerre à faire

27. Batailles célèbres

28. Vive la Liberté !

29. Héros célèbres

30. D’Ayiti à Haïti,enfin

31. Chronologie des abolitions de l’esclavage