En Haïti

Durant 2 ans, 16,000 écoliers recevront un repas scolaire grâce au Japon

Paru dans haiti libre

04/03/2019

L’Ambassadeur du Japon accrédité en Haïti Mitsuaki Mizuno, et Raphael Chuinard, le Directeur adjoint du Programme Alimentaire Mondial (PAM – Haïti) en présence d’Harlem Cazeau, Directeur Général du la
Coordination nationale de sécurité alimentaire (CNSA), de Nadine Dorival, Représentante du Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement rural, ainsi que des représentants du Ministère des Affaires Étrangères, ont procédé à la signature jeudi 28 février à l’Ambassade du Japon, d’un Accord de Coopération relatif aux achats locaux pour le Programme de cantine scolaire.

Cet accord consiste en une contribution de 2 millions de dollars américains pour financer la distribution de repas scolaires basés sur l’achat de produits locaux. Plus de 16,000 écoliers bénéficieront de cette contribution durant deux ans.

À travers ce projet en partenariat avec le PAM, le Japon contribuera à la promotion de l’agriculture et au renforcement de sécurité alimentaire ainsi qu’à la promotion de l’éducation.

« Cette contribution du Japon permettra au PAM de soutenir les efforts du Gouvernement haïtien visant à revitaliser le secteur agricole, à améliorer les moyens de subsistance des petits exploitants, en particulier les femmes, et à diversifier le régime alimentaire des écoliers » a déclaré Raphael Chuinard

Grâce à la contribution du Japon, le PAM développera encore le programme de repas scolaire pour atteindre 46,000 enfants au cours des deux prochaines années scolaires. Ces enfants font partie du programme général de repas scolaires mis en oeuvre par le PAM dans 9 départements, dans le cadre duquel 360,000 enfants reçoivent des repas chaque mois.

Les députés votent des hausses record des minima salariaux

28/03/2019

Les députés haïtiens ont voté hier soir une augmentation des minima salariaux comprise entre 21% et 87,5% selon les secteurs d’activités, à la surprise des secteurs syndical et patronal qui ont dénoncé une absence totale de concertation. La proposition de loi, qui doit encore être soumise au Sénat, prévoit notamment que le salaire des ouvriers de la confection passe de 400 gourdes, 4,23 euros, à 750 gourdes pour une journée de travail de huit heures.

Ce secteur phare de l’économie haïtienne emploie plus de 52.000 personnes. «Ma réaction, c’est la stupéfaction de voir la rapidité et la légèreté avec laquelle ils (les députés) ont donné des chiffres sans que l’on sache d’où ils sortent», a réagi aujourd’hui matin Georges Sassine, président de l’association des industries d’Haïti. «C’est une hausse non gérable car les mesures d’accompagnement social que l’on propose depuis des années ne sont jamais prises : c’est de la démagogie électoraliste», a dénoncé l’homme d’affaires.

Après le vote des parlementaires, les syndicats ont également dénoncé l’absence de consultations préalables à ce texte, qu’ils considèrent en plus insuffisant. «L’inflation est aujourd’hui à 17%. Le prix des produits de premières nécessités a augmenté, le prix des transports a augmenté, les loyers ont augmenté, les frais de scolarité ont augmenté», a détaillé Dominique Saint-Eloi, coordonnateur de la centrale nationale des ouvriers haïtiens. «Il y a eu une grande perte du pouvoir d’achat et cette proposition est insuffisante. Augmenter le salaire ne règle pas tout: il faut des mesures d’accompagnement comme des subventions pour le logement, le transport et les frais de scolarité», a-t-il poursuivi.

Le texte a été approuvé par 77 députés, sans vote contre, et une abstention, et doit encore être examiné par le Sénat. S’il est approuvé par les sénateurs, il pourra encore être bloquer ou modifier par le président Jovenel Moïse. La précédente augmentation des minima salariaux avait été décidée en octobre 2018 par la présidence, après un rapport du ministère des Affaires sociales. Le salaire des employés de la confection avait alors été augmenté de 20%.

Vers l’utilisation de la technologie «Blockchain» dans l’agro-business

01/04/2019 article du CHF

Dans le cadre du Projet de Développement des Affaires et des Investissements (PDAI), mis en œuvre depuis 2013 et financé par la Banque Mondiale à hauteur de 20 millions de dollars, le Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) entend dynamiser l’agro-business au pays, en utilisant la technologie « Blockchain » afin d’apporter une solution novatrice aux acteurs de la chaîne agricole. La mangue, l’avocat et l’ananas en provenance des départements de l’Artibonite, du Centre, des Nippes et du Nord’Est sont les filières identifiées pour cette première phase pilote du projet.

Au terme d’un appel d’offres lancé par le Ministère, AgriLedger est la firme qui a été retenue pour déployer et piloter une solution « blockchain » qui facilitera les paiements et la traçabilité des chaînes de valeur des fruits frais. L’implémentation d’un tel système pour le gouvernement haïtien, permettra aux agriculteurs de vendre directement sur des marchés efficaces, où le prix est déterminé par l’offre et la demande et non plus par le pouvoir de négociation.

Michel Ange Pantal, Coordonnateur du PDAI explique « […] avec le système Blockhain, les récoltes et les paiements sont suivis et donnent aux agriculteurs l’assurance d’un paiement à venir tout en garantissant également aux acheteurs la qualité attendue des produits. Ce suivi inédit se poursuit jusqu’au consommateur final, qui pourra alors vérifier l’identité de l’agriculteur, l’origine du produit (via la localisation GPS) et même les paramètres d’évaluation pour chaque partie de la chaîne de valeur (tarification transparente) ».

Selon Geneviève Léveillé, PDG d’AgriLedger « Il y a tellement d’acteurs divers : agriculteurs, prestataires logistiques, distributeurs et épiceries, impliqués dans l’agriculture que les systèmes centralisés actuels ne fonctionnent tout simplement pas. Avec l’appui de la Banque mondiale, nous aiderons les agriculteurs haïtiens à obtenir le meilleur prix possible pour leurs produits tout en donnant aux consommateurs finaux l’assurance que ce qu’ils consomment est à la fois sûr et frais. »

A travers ce projet, le MCI se propose de subventionner la formation, l’assistance technique et les services communs actuellement manquants dans les chaînes de valeur en vue de favoriser l’exportation de fruits frais, des vêtements et de produits transformés vers les États-Unis et le blockchain sera utilisé en support à ces trois opérations. Ainsi, avec ce système les différentes opérations de change peuvent être effectuées en toute sécurité, de manière transparente et instantanée.

Changements climatiques

« volontariat pour le climat » une initiative du Ministère de l’Environnement (MDE) pour développer l’éco-civisme chez les familles haïtiennes

50 jeunes étudiantes et étudiants se sont portés volontaires pour participer à une vaste campagne d’éducation environnementale dans le département du Sud-Est. L’initiative “Volontariat pour le climat” visait à développer l’écocivisme chez les familles haïtiennes, à travers la participation des jeunes dudit département. Issus notamment de la Faculté des sciences agronomiques de l’Université publique du Sud-Est à Jacmel, ces 250 étudiants ont commencé un travail de sensibilisation pendant la saison pluvieuse (1er mai -30 juin 2018). Cette démarche avait pour objectif de doter le département du Sud-Est de 50 lots boisés (arbres forestiers) et de 50 lots d’arbres fruitiers. À travers la direction des changements climatiques et la direction départementale du Sud-Est, le ministère haïtien de l’environnement a procédé, le 4 mai 2018, au lancement officiel du programme national “Volontariat pour le climat”.

Chili: 50 nouveaux Haïtiens s’inscrivent au plan de retour vers Haiti

Les autorités de la province de Valparaiso, au Chili, ont annoncé l’inscription de 49 nouveaux Haïtiens au programme de retour volontaire instauré par le gouvernement chilien.

Cette annonce intervient une semaine après qu’un avion des Forces armées de l’air chilien a transporté 175 premiers Haïtiens à Port-au-Prince.

C’est la gouverneure de Valparaiso, Maria de los Angeles de la Paz, qui a confirmé la nouvelle au média chilien BioBio Chile.

L’autorité a, en outre, indiqué que seuls les migrants qui n’ont pas affaire avec la Justice chilienne pourront s’inscrire à ce programme.

Les conditions n’ont pas changé pour les aspirants à ce programme de retour volontaire. Les Haïtiens qui ont décidé de revenir dans leur pays devront prêter serment qu’ils ne retourneront pas au Chili avant les 9 prochaines années.

Haïti – Québec : 1.3 millions pour un Projet d’adaptation agricole aux changements climatiques

En novembre 2018, Développement et Paix / Caritas Canada en partenariat avec l’Institut de Technologie et d’Animation (ITECA) ont lancé aux Cayes, un projet de soutien à l’adaptation aux changements climatiques des systèmes de production agricole paysanne dans le Sud. Le projet PROCLIMA vise à améliorer la souveraineté alimentaire des populations du département du Sud d’Haïti (Communes de Cavaillon, Maniche, St Louis du Sud et Aquin) par l’utilisation de techniques agricoles adaptées et le développement durable des filières bio-alimentaires.

« Pour se préparer à faire face aux impacts des prochains aléas climatiques, le département du Sud doit accroitre sa production alimentaire en adoptant des pratiques culturales qui permettent de renforcer la résistance du territoire agricole à la variabilité des précipitations, aux inondations, aux ouragans et aux tempêtes. Mais pour assurer la pérennité des actions, des investissements importants sont requis pour renforcer le capital social du Département, particulièrement des organisations de producteurs et productrices », explique Chenet Jean-Baptiste, directeur de l’ITECA.

Dans le cadre du projet PROCLIMA, ITECA et les organisations paysannes misent sur de nouveaux modèles de production à la fois durables et résilients, capables de contribuer à la sécurité alimentaire et de protéger l’environnement. L’enjeu majeur est de substituer les jardins agro-forestiers aux cultures vivrières qui prédominent actuellement sur les flancs des versants.

Dans son intervention, Mary Durran, Chargée de programmes pour Haïti à Développement et Paix / Caritas Canada a déclaré « Le lancement de ce projet a été l’occasion de rassembler les organisations paysannes dans les 4 communes participantes au projet, ainsi que les maires, élus locaux, et deux représentants des ministères de l’Environnement et de l’Agriculture. Chaque représentant des autorités a affirmé son intérêt et l’intention de travailler avec le projet PROCLIMA afin d’améliorer et d’augmenter la production agricole tout en respectant et protégeant l’environnement. »

Dans le passé, on a reproché aux autorités locales leur manque de proactivité dans la proscription des pratiques agricoles nuisibles. L’une des tâches importantes des organisations paysannes participantes sera donc de s’assurer que les autorités assument leur rôle dans la protection de l’environnement. Il s’agira aussi d’associer la production agricole à l’élevage de poules ou de lapins à des fins alimentaires mais aussi commerciales, en vue de la diversification des revenus des productrices et des producteurs pour les rendre moins vulnérables aux incertitudes liées aux changements climatiques.

« À travers PROCLIMA, on essaie de voir comment on peut, au moins cette fois, essayer de faire en sorte que les paysannes et les paysans participent réellement, qu’il y ait un travail d’éducation qui soit fait et qu’à partir de là, d’autres projets et structures puissent émerger afin de changer réellement les conditions de vie de notre population », a expliqué Sœur Kesta Occident, animatrice générale des religieuses de Sainte-Croix.

À terme, le projet financé à hauteur d‘1.3 millions de dollars (à partir du Fonds vert du gouvernement du Québec) aura contribué à augmenter la production agricole locale par des pratiques culturales appropriées, à renforcer la gouvernance et la gestion des organisations de productrices et de producteurs ainsi que leur positionnement au sein de certaines filières bio-alimentaires porteuses.

En savoir plus sur l’ITECA :
Fondé en 1978 par un groupe de professionnels et de religieux haïtiens, l’Institut de Technologie et d’Animation est un partenaire de longue date de Développement et Paix. En tant qu’institution d’éducation populaire c’est un lieu d’échange, d’analyse, de formation, afin de renforcer l’action des organisations paysannes. ITECA a opéré un choix conscient en faveur des communautés paysannes les plus démunies en mettant à leur disposition certaines ressources nécessaires dans l’appui de projets durables dans les domaines de l’agriculture paysanne, de l’élevage tout en leur facilitant l’accès aux services sociaux de base, dans un souci de justice et d’équité.

Rencontre du président haïtien Jovenel Moïse avec le président Macron.

Le président haïtien a débuté sa première visite de travail en Europe avec
le président français. A l’Elysée, le 11 décembre 2017 dans l’après-midi,
Emmanuel Macron et Jovenel Moïse, dans un tête à tête d’une trentaine de
minutes, ont passé en revue la coopération entre les deux pays. L’élu de «
En marche » promet à Haïti un financement de 30 millions de dollars pour des
interventions dans les bassins versants et l’élu du Parti Haïtien Tête Kalé,
promet à la France tout son soutien dans sa lutte contre le réchauffement
climatique.

L’élu de » En Marche » a salué l’effort de la lutte contre la corruption et
le renforcement de l’Etat de droit mené par le président Jovenel Moïse.
Emmanuel Macron a promis le support de la France en ce sens. « Je me
félicite que dans les prochains jours un accord de siège avec Expertise
France puisse être finalisé qui permettra d’œuvrer en la matière ainsi que
des initiatives bilatérales qui ont pu être prises en termes de formation de
la fonction publique haïtienne qui est un élément important dans la
structuration de l’Etat de droit », a-t-il dit.

« Notre souhait est aussi de consolider l’aide internationale pour ce qui
est de la France et consolider aussi la part d’investissement français en
Haïti », a déclaré le président français. Emmanuel Macron a aussi promis
d’inciter les entrepreneurs français à investir en Haïti. « Nous allons les
y pousser par des initiatives ponctuelles et des accompagnements », a-t-il
affirmé.

Le patron de l’Elysée a fait par ailleurs savoir qu’Haïti fait partie des
pays prioritaires de la coopération de son pays. « Nous accordons une grande
importance à la relation bilatérale dans ce cadre », a-t-il dit.

Emmanuel Macron a estimé que le travail de Jovenel Moïse avec les bailleurs
de fonds internationaux « est extrêmement structurant comme les discussions
entamées avec le Fonds monétaire international et les réformes ambitieuses
pour donner un cadre aux investissements étrangers ».

« La France, par le truchement de l’Agence française de développement, s’est
concentrée sur trois secteurs prioritaires : l’éducation, la bonne
gouvernance et la lutte contre les effets du changement climatique », a-t-il
dit.

Le président Jovenel a poursuivi sa visite à Paris où il a participé au «
One Planet Summit « deux ans après l’Accord de Paris avant de se rendre en
Belgique…

·         Extrait du journal le nouvelliste

Haïti: incendie du marché historique de Port-au-Prince

Le plus célèbre marché de la capitale haïtienne a été ravagé par un incendie dans la nuit de lundi à mardi, détruisant les denrées de dizaines de marchandes de Port-au-Prince plongées aujourd’hui dans l’incertitude à cause de l’absence de système d’assurance.

Pompiers professionnels et simples citoyens travaillaient encore, à la mi-journée mardi, à l’extinction de l’incendie qui a totalement consumé l’une des deux halles du Marché en Fer.

Regroupées sur la cour du marché, les commerçantes qui ont tout perdu s’inquiétaient pour leur avenir.

«Je venais de refaire mon stock, 10 marmites de djondjon (variété de champignons haïtiens) mais tout a brûlé», raconte Jacqueline Innocent qui estime sa perte à une valeur d’environ 100 dollars américains.

Les quantités et montants évoqués dans les conversations autour du marché incendié pouvaient paraître négligeables mais pour ces femmes qui travaillent sans aucune assurance et qui, pour la grande majorité, n’ont pas de compte bancaire sur lequel placer de l’épargne, l’incendie signe la perte de leur maigre fortune.

«Sans aide pour relancer mon commerce, je vais mourir sur mes deux pieds parce que je n’avais rien d’autre et, à mon âge, je ne peux pas faire un autre travail», a assuré Mme Innocent, qui, à 75 ans, a passé toute sa vie à travailler au Marché en Fer.

Devant les camions d’eau envoyés par des compagnies privées pour éteindre l’incendie, Marie-Yousselande Rémy ne parvenait pas à sécher ses larmes.

«Le petit bénéfice que je faisais ici au marché me permettait de payer l’université de mon fils aîné en République dominicaine. Aujourd’hui que vais-je lui dire? D’arrêter ses études et de rentrer ici pour finir sans travail comme moi?» s’interrogeait cette quinquagénaire.

Selon les riverains, l’incendie a débuté vers 02H00 du matin, depuis un tas d’ordures accumulé sur un terrain vague jouxtant l’édifice historique.

Construit à la fin du 19e siècle, le Marché en Fer avait été une première fois ravagé par un incendie en 2008. Détruit par le séisme en 2010, sa reconstruction avait été financée par la compagnie de télécommunications Digicel, sous la supervision de l’Institut de sauvegarde du patrimoine national (ISPAN), organisme haïtien de protection des bâtiments historiques.

L’investissement de 18 millions de dollars avait permis la reconstruction à l’identique du monument historique en moins d’un an.

Alterpresse

PHOTO CI JOINTE

Jovenel Moïse a prêté serment, devenant le 58è Président Haïtien

Jovenel Moise est devenu le mardi 7 février 2017 le 58ème président
haïtien après avoir prêté serment devant l’assemblée nationale.
Le nouveau chef de l’état a juré « d’observer fidèlement la constitution
et les lois de la république, de respecter et de faire respecter les
droits des haïtiens, de travailler à la grandeur de la patrie et de
maintenir l’indépendance nationale et l’intégrité du territoire haïtien ».
Par Jdenisca, dans Nouvelles, 7 Février 2017

Un pays face à bien des dangers

LES TREMBLEMENTS DE TERRE

Une histoire sans commencement ni fin

Les premiers récits qui suivirent l’arrivée de Christophe Colomb en 1492
évoquent déjà des destructions causées par les cyclones et les
tremblements de terre. Il serait vain d’énumérer les nombreux désastres
qui ont endeuillé l’île au cours de son histoire écrite. Indissociables
de son destin, ils ont rythmé toute son évolution.
Fondée en 1749, Port au Prince, devenue métropole de la nouvelle colonie
française de Saint Domingue, est détruite par un tremblement de terre
dès 1751. Louis XV l’avait proclamée capitale et à la suite des
destructions, il ordonna que toutes les constructions fussent réalisées
en bois. Mais ceci n’est que l’une des catastrophes qui la dévastèrent
et affectèrent son économie jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

Puis, Haïti a connu une accalmie relative jusqu’en 1842, date à laquelle
un séisme suivi d’un raz de marée détruisit Cap Haïtien et plusieurs
villes de la région du Nord, dont Port de Paix et Gonaïves. Plusieurs
villes de la République Dominicaine furent également touchées.

Plus calme si l’on peut dire, le XXe siècle n’échappa pas pour autant à
plusieurs secousses. Mais celles-ci sont presque effacées de la mémoire
des Haïtiens par la catastrophe qui frappa Port au Prince le 12 janvier
2010. D’une magnitude de 7,3 sur l’échelle de Richter, cette tragédie
semble persister aux yeux du monde comme le symbole d’Haïti. Chacun
d’entre nous s’en souvient.

Les causes géologiques

Haïti est traversée par plusieurs failles actives créées par la
subduction de la plaque Nord-Américaine sous la plaque Caraïbe. Cela se
traduit à cet endroit par la faille d’Hispaniola et dans l’île par de
nombreuses autres failles également actives. Les spécialistes soulignent
qu’elles pourraient à nouveau provoquer un séisme dans les cinq ou dix
prochaines années. Ils ont identifié dix événements qui auraient atteint
ou dépassé la magnitude 7 depuis le XVe siècle, soit en moyenne un tous
les 50 ans. Aucune région de l’île n’est à l’abri.

Les principaux séismes qui frappèrent Haïti


Les positions probables des principaux séismes historiques sont
indiquées par une étoile rouge. Le chiffre identifie la date du séisme.
Le point jaune est l’emplacement de Port-au-Prince. Les flèches noires
sont les vecteurs vitesses GPS par rapport à la plaque Caraïbes. Les
cercles avec un point noir au centre marquent les points où les vitesses
sont petites par rapport aux erreurs de mesure. Ces points situés sur la
partie sud de Saint Domingue appartiennent donc à la plaque Caraïbes.
PR, Porto Rico ; RD, République Dominicaine ; H, Haïti.
La Lettre du Collège de France n° 28, Paris avril 2010. La catastrophe
sismique d’Haïti par X. Le Pichon, C. Rangon, T. Zitter et A. Crespy ;
Données d’après Eric Calais /© Collège de France

La récente tragédie de Port au Prince est due principalement à trois
causes : la proximité de l’île par rapport à la zone de subduction, la
force du séisme (magnitude supérieure à 7) qui a eu lieu à une faible
profondeur (13km), enfin le fait que ce tremblement de terre se soit
produit pratiquement sous la capitale donc dans une région très peuplée.
Ajoutons que, contrairement aux éruptions volcaniques qui donnent à
court terme des signes avant-coureurs, les séismes sont d’autant plus
dangereux que, même si l’on connaît les régions à risques, le moment où
ils vont se déclencher reste imprévisible.

CYCLONES ET OURAGANS

Des phénomènes omniprésents

A l’instar des séismes, ils ont fait l’objet de témoignages depuis
l’arrivée des Espagnols. Plus ou moins violents, ils sont un facteur de
destruction régulier dans la vie des habitants d’Haïti.

Tout le pays est concerné, et nous ne mentionnerons ici que les exemples
les plus marquants, c’est à dire les plus destructeurs et les plus
meurtriers. Citons les 2000 morts dans le département du Sud en 1935,
les 5000 morts de l’ouragan Flora en 1963.

En Haïti, le vingtième siècle fut aussi marqué en 1935 par un ouragan,
toujours dans le département du Sud qui tua 2000 personnes, en 1954 par
l’ouragan Hazel, en 1963 par le passage de Flora, qui fit près de 5000
victimes, par Inez les 28 et 29 septembre 1966 un cyclone de catégorie 4
qui provoqua de catastrophiques inondations qui emportèrent 1379
personnes, la majorité d’entre elles en Haïti, les désastres de 2004 qui
touchèrent de nombreuses régions de l’île. Impossible de les citer tous !

Une des années les plus terribles fut 2008. En effet, quatre cyclones et
tempêtes tropicales frappèrent le pays, causant plusieurs milliers de
victimes, notamment aux Gonaïves que sa localisation et sa topographie
rendent particulièrement vulnérable. L’économie de différentes communes
est paralysée pendant des mois. De nombreuses infrastructures sont
détruites. On a estimé que, cette année-là, près de 800 000 personnes
ont été affectées directement par les ouragans.

Plus proche de nous, l’ouragan Matthew qui tua 1000 personnes est encore
dans toutes les mémoires. Exemplaire par sa brutalité et les
conséquences qu’il engendra, il fera l’objet – nous l’avons dit – d’un
prochain article de réflexion dans NIH.

Météorologie des cyclones et des ouragans

C’est sa position géographique qui soumet Haïti à une forte activité
cyclonique. L’île se trouve sur la trajectoire des cyclones qui se
forment en début de saison au sud-ouest de la mer des Antilles, et de
ceux qui d’août à octobre traversent les Caraïbes à partir des
perturbations qui prennent naissance près du Cap Vert. Entre 1494 et
2010, on a compté 95 perturbations tropicales. À sept reprises au moins
durant les cinq derniers siècles, le pays eut à affronter plusieurs
tempêtes au cours de la même saison.
De plus, le réchauffement climatique aggrave la situation : lors des
cinq dernières années, l’activité cyclonique s’est intensifiée et a
connu un prolongement dans le temps. Avec vingt-trois cyclones, dont
certains atteignant des vitesses de vent supérieures à 260 km/h, 2005
reste l’année de tous les records.

La République dominicaine ne fut pas épargnée. En 1930, un cyclone d’une
extrême violence dévasta la ville de Saint Domingue. 2000 personnes
périrent et, corollaire malheureuse, Trujillo exploita le désastre pour
asseoir sa dictature.

HAÏTI PLUS VULNÉRABLE FACE AUX DESASTRES ?

Nous avons tenté, par cette approche rapide, de montrer le rôle de la
nature dans les phénomènes qui endeuillent Haïti. Ils sont inéluctables.
Cependant, d’autres pays, aussi affectés par ces dramatiques phénomènes
naturels, s’en sortent mieux. Pourquoi ?

Face aux aléas de la vie, qu’il s’agisse de maladies, de problèmes
alimentaires, de conflits politiques, a fortiori de catastrophes
naturelles, la pauvreté est le premier facteur de vulnérabilité. Or,
Haïti est le pays le plus pauvre de l’hémisphère nord. Ses habitants
coupent les arbres faute d’autre moyen de chauffage, fuient la misère
des campagnes pour s’installer en périphérie des villes dans l’anarchie
des bidonvilles. Ils n’ont pas les moyens de se prémunir des dangers à
venir, d’autant que l’Etat ne leur est d’aucune aide. A cet égard, Le
Journal d’Action contre la Faim a souligné que « les cyclones de 2008
ont frappé diverses zones du golfe du Mexique sans avoir les mêmes
conséquences. En effet, malgré les moyens économiques faibles, la
population cubaine ne se sent jamais abandonnée par l’État. Celui-ci met
en place des modalités de gestion pour minimiser les désastres et être
efficient pour la période « post-catastrophe ». Des efforts y ont été
faits pour renforcer le réseau de stations sismiques, mettre en œuvre un
programme de formation et de sensibilisation des populations, former des
sauveteurs alors que les autorités haïtiennes agissent peu et rendent le
pays dépendant de l’aide étrangère.

Comme nous l’avons déploré au début de cet article, la situation d’Haïti
est inacceptable. Il ne peut être question de renoncer à notre soutien
matériel mais nous devons prendre conscience qu’il intervient souvent
trop tard et ne permet pas de sortir du cercle vicieux – catastrophe -
pauvreté – aide étrangère.

POUR ALLER PLUS LOIN

Il y a plusieurs année (2008), l’ONU a développé un jeu interactif de
simulation sur les catastrophes naturelles (Ouragan, tsunami,
tremblement de terre, feu de forêt…). Suivant le scénario choisi et le
niveau de difficulté, il y a des gens à sauver, un budget à na pas
dépasser, construire des refuges, etc.

Pour le trouver : Cliquez ici