En Haïti

Jovenel Moïse a prêté serment, devenant le 58è Président Haïtien

Jovenel Moise est devenu le mardi 7 février 2017 le 58ème président
haïtien après avoir prêté serment devant l’assemblée nationale.
Le nouveau chef de l’état a juré « d’observer fidèlement la constitution
et les lois de la république, de respecter et de faire respecter les
droits des haïtiens, de travailler à la grandeur de la patrie et de
maintenir l’indépendance nationale et l’intégrité du territoire haïtien ».
Par Jdenisca, dans Nouvelles, 7 Février 2017

Un pays face à bien des dangers

LES TREMBLEMENTS DE TERRE

Une histoire sans commencement ni fin

Les premiers récits qui suivirent l’arrivée de Christophe Colomb en 1492
évoquent déjà des destructions causées par les cyclones et les
tremblements de terre. Il serait vain d’énumérer les nombreux désastres
qui ont endeuillé l’île au cours de son histoire écrite. Indissociables
de son destin, ils ont rythmé toute son évolution.
Fondée en 1749, Port au Prince, devenue métropole de la nouvelle colonie
française de Saint Domingue, est détruite par un tremblement de terre
dès 1751. Louis XV l’avait proclamée capitale et à la suite des
destructions, il ordonna que toutes les constructions fussent réalisées
en bois. Mais ceci n’est que l’une des catastrophes qui la dévastèrent
et affectèrent son économie jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

Puis, Haïti a connu une accalmie relative jusqu’en 1842, date à laquelle
un séisme suivi d’un raz de marée détruisit Cap Haïtien et plusieurs
villes de la région du Nord, dont Port de Paix et Gonaïves. Plusieurs
villes de la République Dominicaine furent également touchées.

Plus calme si l’on peut dire, le XXe siècle n’échappa pas pour autant à
plusieurs secousses. Mais celles-ci sont presque effacées de la mémoire
des Haïtiens par la catastrophe qui frappa Port au Prince le 12 janvier
2010. D’une magnitude de 7,3 sur l’échelle de Richter, cette tragédie
semble persister aux yeux du monde comme le symbole d’Haïti. Chacun
d’entre nous s’en souvient.

Les causes géologiques

Haïti est traversée par plusieurs failles actives créées par la
subduction de la plaque Nord-Américaine sous la plaque Caraïbe. Cela se
traduit à cet endroit par la faille d’Hispaniola et dans l’île par de
nombreuses autres failles également actives. Les spécialistes soulignent
qu’elles pourraient à nouveau provoquer un séisme dans les cinq ou dix
prochaines années. Ils ont identifié dix événements qui auraient atteint
ou dépassé la magnitude 7 depuis le XVe siècle, soit en moyenne un tous
les 50 ans. Aucune région de l’île n’est à l’abri.

Les principaux séismes qui frappèrent Haïti


Les positions probables des principaux séismes historiques sont
indiquées par une étoile rouge. Le chiffre identifie la date du séisme.
Le point jaune est l’emplacement de Port-au-Prince. Les flèches noires
sont les vecteurs vitesses GPS par rapport à la plaque Caraïbes. Les
cercles avec un point noir au centre marquent les points où les vitesses
sont petites par rapport aux erreurs de mesure. Ces points situés sur la
partie sud de Saint Domingue appartiennent donc à la plaque Caraïbes.
PR, Porto Rico ; RD, République Dominicaine ; H, Haïti.
La Lettre du Collège de France n° 28, Paris avril 2010. La catastrophe
sismique d’Haïti par X. Le Pichon, C. Rangon, T. Zitter et A. Crespy ;
Données d’après Eric Calais /© Collège de France

La récente tragédie de Port au Prince est due principalement à trois
causes : la proximité de l’île par rapport à la zone de subduction, la
force du séisme (magnitude supérieure à 7) qui a eu lieu à une faible
profondeur (13km), enfin le fait que ce tremblement de terre se soit
produit pratiquement sous la capitale donc dans une région très peuplée.
Ajoutons que, contrairement aux éruptions volcaniques qui donnent à
court terme des signes avant-coureurs, les séismes sont d’autant plus
dangereux que, même si l’on connaît les régions à risques, le moment où
ils vont se déclencher reste imprévisible.

CYCLONES ET OURAGANS

Des phénomènes omniprésents

A l’instar des séismes, ils ont fait l’objet de témoignages depuis
l’arrivée des Espagnols. Plus ou moins violents, ils sont un facteur de
destruction régulier dans la vie des habitants d’Haïti.

Tout le pays est concerné, et nous ne mentionnerons ici que les exemples
les plus marquants, c’est à dire les plus destructeurs et les plus
meurtriers. Citons les 2000 morts dans le département du Sud en 1935,
les 5000 morts de l’ouragan Flora en 1963.

En Haïti, le vingtième siècle fut aussi marqué en 1935 par un ouragan,
toujours dans le département du Sud qui tua 2000 personnes, en 1954 par
l’ouragan Hazel, en 1963 par le passage de Flora, qui fit près de 5000
victimes, par Inez les 28 et 29 septembre 1966 un cyclone de catégorie 4
qui provoqua de catastrophiques inondations qui emportèrent 1379
personnes, la majorité d’entre elles en Haïti, les désastres de 2004 qui
touchèrent de nombreuses régions de l’île. Impossible de les citer tous !

Une des années les plus terribles fut 2008. En effet, quatre cyclones et
tempêtes tropicales frappèrent le pays, causant plusieurs milliers de
victimes, notamment aux Gonaïves que sa localisation et sa topographie
rendent particulièrement vulnérable. L’économie de différentes communes
est paralysée pendant des mois. De nombreuses infrastructures sont
détruites. On a estimé que, cette année-là, près de 800 000 personnes
ont été affectées directement par les ouragans.

Plus proche de nous, l’ouragan Matthew qui tua 1000 personnes est encore
dans toutes les mémoires. Exemplaire par sa brutalité et les
conséquences qu’il engendra, il fera l’objet – nous l’avons dit – d’un
prochain article de réflexion dans NIH.

Météorologie des cyclones et des ouragans

C’est sa position géographique qui soumet Haïti à une forte activité
cyclonique. L’île se trouve sur la trajectoire des cyclones qui se
forment en début de saison au sud-ouest de la mer des Antilles, et de
ceux qui d’août à octobre traversent les Caraïbes à partir des
perturbations qui prennent naissance près du Cap Vert. Entre 1494 et
2010, on a compté 95 perturbations tropicales. À sept reprises au moins
durant les cinq derniers siècles, le pays eut à affronter plusieurs
tempêtes au cours de la même saison.
De plus, le réchauffement climatique aggrave la situation : lors des
cinq dernières années, l’activité cyclonique s’est intensifiée et a
connu un prolongement dans le temps. Avec vingt-trois cyclones, dont
certains atteignant des vitesses de vent supérieures à 260 km/h, 2005
reste l’année de tous les records.

La République dominicaine ne fut pas épargnée. En 1930, un cyclone d’une
extrême violence dévasta la ville de Saint Domingue. 2000 personnes
périrent et, corollaire malheureuse, Trujillo exploita le désastre pour
asseoir sa dictature.

HAÏTI PLUS VULNÉRABLE FACE AUX DESASTRES ?

Nous avons tenté, par cette approche rapide, de montrer le rôle de la
nature dans les phénomènes qui endeuillent Haïti. Ils sont inéluctables.
Cependant, d’autres pays, aussi affectés par ces dramatiques phénomènes
naturels, s’en sortent mieux. Pourquoi ?

Face aux aléas de la vie, qu’il s’agisse de maladies, de problèmes
alimentaires, de conflits politiques, a fortiori de catastrophes
naturelles, la pauvreté est le premier facteur de vulnérabilité. Or,
Haïti est le pays le plus pauvre de l’hémisphère nord. Ses habitants
coupent les arbres faute d’autre moyen de chauffage, fuient la misère
des campagnes pour s’installer en périphérie des villes dans l’anarchie
des bidonvilles. Ils n’ont pas les moyens de se prémunir des dangers à
venir, d’autant que l’Etat ne leur est d’aucune aide. A cet égard, Le
Journal d’Action contre la Faim a souligné que « les cyclones de 2008
ont frappé diverses zones du golfe du Mexique sans avoir les mêmes
conséquences. En effet, malgré les moyens économiques faibles, la
population cubaine ne se sent jamais abandonnée par l’État. Celui-ci met
en place des modalités de gestion pour minimiser les désastres et être
efficient pour la période « post-catastrophe ». Des efforts y ont été
faits pour renforcer le réseau de stations sismiques, mettre en œuvre un
programme de formation et de sensibilisation des populations, former des
sauveteurs alors que les autorités haïtiennes agissent peu et rendent le
pays dépendant de l’aide étrangère.

Comme nous l’avons déploré au début de cet article, la situation d’Haïti
est inacceptable. Il ne peut être question de renoncer à notre soutien
matériel mais nous devons prendre conscience qu’il intervient souvent
trop tard et ne permet pas de sortir du cercle vicieux – catastrophe -
pauvreté – aide étrangère.

POUR ALLER PLUS LOIN

Il y a plusieurs année (2008), l’ONU a développé un jeu interactif de
simulation sur les catastrophes naturelles (Ouragan, tsunami,
tremblement de terre, feu de forêt…). Suivant le scénario choisi et le
niveau de difficulté, il y a des gens à sauver, un budget à na pas
dépasser, construire des refuges, etc.

Pour le trouver : Cliquez ici

Le phénomène des « RESTAVEK »

Le 20 novembre 1989, l’assemblée générale des Nations unies a adopté la Convention internationale des droits de l’enfant en vertu de laquelle tous les enfants devraient avoir les mêmes droits, être protégés contre la maltraitance et l’exploitation par le travail. Pourtant, d’après le rapport annuel intitulé  La situation des enfants dans le monde  que publie l’Unicef, il apparaît que dans la plupart des pays, la pauvreté, la conjoncture politique, les guerres font des enfants leurs premières victimes.

Il y a dans le monde plus de 150 millions d’enfants entre 5 et 14 ans qui travaillent dans des conditions pénibles et souvent dangereuses. Beaucoup sont orphelins ou séparés de leurs parents, ce qui les rend particulièrement vulnérables. De nombreux petits Haïtiens n’échappent pas à cette règle et leur misère s’est encore accrue après le séisme. La réalité est complexe mais on estime actuellement qu’un enfant sur cinq ne vit pas avec ses parents biologiques : ils sont soit dans des maisons d’enfants ou orphelinats, soit dans la rue, soit victimes de trafic, soit placés comme domestiques ou « restaveks ».

 Sans Famille

Le phénomène des « restavek » (mot créole pour reste avec) existe en Haïti depuis la fondation de la république. Les filles sont parfois appelées « la pou sa » (là pour ça). Les parents pauvres placent leurs enfants comme domestiques à cause du manque de moyens pour nourrir la famille nombreuse. En principe, la famille d’accueil s’engage à nourrir l’enfant, le vêtir et l’envoyer à l’école en échange de ses services. D’après une enquête de l’UNICEF de 1999, ils seraient 300 000 (70% de filles et 30% de garçons). Aujourd’hui, on parle de 400 000, 75% de ces enfants ont moins de 15 ans.

Censé faire partie de la famille et être là pour aider les maîtres de maison, le restavek est, la plupart du temps, traité comme un domestique, voire comme un esclave. Il doit se lever tôt, se coucher tard et assumer de nombreuses responsabilités : préparer les repas, faire la toilette des enfants, les conduire à l’école, assurer l’entretien de la maison. Il dort sur une natte, ne mange pas à la table des autres et subit toutes sortes d’humiliations.

Le travail des enfants peut aller jusqu’à 18 heures par jour. L’enfant restavek, parfois âgé de 5 ans seulement, fréquemment sous-alimenté, ne reçoit aucun salaire, la loi haïtienne ne prévoyant pas de rémunération pour ce type de travail. L’enfant restavek subit, parfois, des violences physiques ou sexuelles. Il est souvent coupé de tout lien avec sa propre famille, en raison de la distance qui les sépare, de l’analphabétisme et de l’absence de tout moyen de communication. Les témoignages sont nombreux. Voici l’un d’eux, recueilli par l’UNICEF :
Larissa, 14 ans à présent, a été exploitée et maltraitée par ceux qui en avaient la garde. Chaque jour, elle commençait son travail à 4 heures du matin, lavait le sol, faisait les lits, allait chercher l’eau, faisait la vaisselle et aidait à préparer le déjeuner. L’après-midi, elle lavait la vaisselle, allait au marché et faisait parfois la lessive. Malgré son jeune âge, Larissa indique qu’on lui confiait aussi la tâche de s’occuper de l’enfant de la famille, âgé de 4 ans. Sa journée ne finissait qu’après que la famille soit partie se coucher. Elle était alors en mesure de se reposer sur un morceau d’étoffe, à même le sol.
Puiser de l’eau à une pompe dans la rue était la corvée la plus dure. « Je devais y aller le matin et souvent une deuxième fois dans l’après-midi. J’étais fouettée s’il n’y avait plus d’eau », précise-t-elle. « Je portais l’eau dans un grand seau et dans une bouteille. Le poids me faisait mal à la tête et me donnait des douleurs dans la poitrine ».

 Une tradition liée à la pauvreté

La réalité est à la fois complexe et transparente. A l’origine, un système d’entraide interfamilial peut être hérité de l’esclavage, une pauvreté chronique, une monoparentalité maternelle, les hommes peuvent avoir plusieurs unions à la fois et les femmes se retrouvent seules avec plusieurs enfants. Il s’agit, en principe d’enfants placés dans la famille élargie ou dans des familles plus aisées, souvent des enfants de la campagne placés en ville où les parents espèrent leur offrir une vie meilleure, ignorant souvent le sort qui les attend. Il faut néanmoins noter, bien que la situation évolue, que la société haïtienne fait preuve d’une certaine tolérance envers le travail des enfants.
Actuellement, malgré l’évolution des mentalités, force est de constater que la situation empire, surtout depuis le séisme. On remarque que de plus en plus de familles pauvres prennent des restavek à leur service. Les femmes, souvent seules, ont besoin d’une aide, même si leurs revenus sont limités. Par ailleurs, il existe depuis quelque temps des « passeurs » dont beaucoup contribuent à envoyer des petits restavèk en République dominicaine.

 Mesures officielles et actions humanitaires

Dès les années 1940, de nombreux Haïtiens – notamment la Ligue féminine d’action sociale – se sont mobilisés pour tenter de protéger ces enfants déplacés. Depuis 1947, le travail des enfants fait officiellement l’objet de réglementations gouvernementales. En 1947 le président Dumarsais Estimé fit promulguer un Code du travail où figurait une loi sur la protection des enfants en domesticité. En 1961, 1983 et 1984, sous les Duvalier, le Code du travail impose certaines conditions et exigences de travail aux familles employeuses. Mais ceci reste lettre morte. Une loi n’a aucun pouvoir sans un suivi efficace par le gouvernement.
Peu à peu, la société civile permet quelques avancées. En 1990, un grand colloque sur la domesticité des enfants a fait espérer un changement réel des pratiques de la société. En 1993 le Père Spiritain René Soler crée l’association Timoun Restavek et fonde l’école de la Fraternité de Bel-Air à Port-au-Prince.

17 novembre 2006, une première Journée nationale contre la domesticité infantile est officiellement lancée. A cette occasion, la Fondation Limyè Lavi (FLL) et le réseau Aba Sistèm Restavèk (ASR) ont accompagné une marche de plusieurs dizaines d’enfants dans les rues de Port-au-Prince. « Nous voulons dessiller les yeux et conscientiser la population tout entière sur un système dégradant, humiliant, déshumanisant qui ronge notre société et qui perdure en ce troisième millénaire, plus de deux cents ans après la proclamation de notre indépendance »déclarent les organisateurs.
Parallèlement, la lutte contre l’esclavage des enfants se poursuit à travers des actions concrètes pour l’éducation de ces enfants. Des foyers sont créés avec l’aide d’ONG haïtiennes ou étrangères. Citons, parmi d’autres, l’association Timoun Restavèk, fondée en 1993, en lien avec l’école de la Fraternité de Bel Air, à Port-au-Prince, par le père spiritain René Soler et membre du CHF. L’un des organismes les plus acitfs est le Foyer Maurice Sixto. Nous avons rencontré son fondateur, le père Miguel Jean-Baptiste, à l’occasion de la sortie de son livre, Moi, le père des sans-familles : mon combat pour les enfants d’Haïti. Il était accompagné de Jivenèl Napoléon, le directeur du Foyer.

Le foyer Maurice Sixto

Le père Miguel, grand connaisseur d’Haïti et de ses problématiques a compris que quelque chose devait être fait pour les restavek et a ouvert, en 1989, une maison d’accueil pour jeunes en domesticité dans une banlieue populaire de Port-au-Prince : Carrefour. Il l’a dénommée Foyer Maurice Sixto, pour honorer la mémoire d’un grand sociologue haïtien. Également conteur, Maurice Sixto avait raconté l’histoire émouvante d’une petite restavek : Ti Sentaniz. Devenue célèbre, l’histoire de Ti Sentaniz est désormais un symbole. Voici quelques réponses apportées à nos questions.

 Qu’est ce que le foyer Maurice Sixto ?

Le foyer n’est pas une école comme les autres car il apporte à la fois la scolarisation et un encadrement psychosocial. Ses responsables n’ont pas pour but de soustraire les enfants à leurs « famille-patrons ». Ils dorment dans ces familles et y travaillent. L’école doit donc adapter les heures de cours en les condensant, à raison de deux heures par jour, cinq jours par semaine. Les enfants bénéficient de l’aide aux devoirs qu’ils ne peuvent avoir dans leur famille-patron et on leur donne un repas par jour. Ils sont répartis en plusieurs groupes, selon leur âge. Presque tous les enfants présentent un retard scolaire important : 80% d’entre eux ont un retard de plus de deux ans. Les problèmes de santé et de fatigue sont fréquemment constatés.
L’idée est avant tout que ces enfants s’en sortent. Il n’est pas question de les arracher brutalement à leur condition de restavèk mais de leur faire prendre conscience que, même s’ils doivent momentanément accepter leur condition, elle n’est pas normale. L’équipe d’encadrement travaille à faire évoluer les mentalités tout en assurant la formation qui comporte plusieurs volets : l’alphabétisation, la cuisine et la couture, l’artisanat et la formation professionnelle, également, ateliers durant lesquels les enfants fabriquent des objets utiles avec des matériaux locaux, dont le sisal, le latanier, le cuir, etc. Dans la petite salle d’exposition du Foyer, les objets sont mis en vente à l’intention des visiteurs et lors des fêtes organisées par le FMS. Une partie de l’argent réalisé par la vente des objets est affectée à un compte d’épargne destiné aux enfants. Nous organisons aussi des animations récréatives, comme des sorties « pique-nique », en été, aux environs du Foyer. Un travail de sensibilisation doit être mené continuellement auprès des familles d’accueil qui refusent de laisser les enfants participer à ces sorties. Des activités artistiques et sportives sont aussi prévues, que nous appelons « l’école des talents », où les enfants pratiquent la danse, le théâtre, la musique et le foot.

 Quelle relation avec les familles « patrons » ?

Les responsables doivent négocier sans cesse avec les familles-patron. Elles sont mises en confiance et une relation régulière existe entre elles et le foyer. Chaque mois, le Foyer Maurice Sixto organise une rencontre avec les familles pour les informer des activités et de les sensibiliser à la situation des enfants domestiques. A cette occasion, les animateurs mettent notamment en œuvre une politique de prévention contre les mauvais traitements, qui n’en sont pas rares.
Le Foyer tente aussi de rechercher les familles d’origine des enfants afin de les réintégrer chez eux, surtout les plus jeunes et les enfants particulièrement maltraités. Dans certains cas, cependant, il faut chercher une autre famille d’accueil.

 Où en est aujourd’hui le Foyer Maurice Sixto, quelles sont les perspectives ?

Aujourd’hui, le foyer suit plus de 500 enfants. Le travail de la maison d’accueil Maurice-Sixto est reconnu : nous avons reçu à deux reprises le Prix International des droits de l’Homme, en 2002 et en 2007. Nous avons remporté en outre plusieurs concours et contribué, par notre travail incessant de sensibilisation et d’information, à mobiliser l’opinion publique sur le sort réservé aux enfants en domesticité.
Toutefois, le séisme du 12 janvier 2010 a profondément affecté les conditions de vie des enfants vivant en domesticité à Port-au-Prince. Un des bâtiments logeant le Foyer Maurice-Sixto a été détruit et les activités ont dû être concentrées dans un petit local qui offre très peu d’espace aux enfants. Plusieurs membres du personnel ont également perdu des proches ou subi des dommages.
Les ressources disponibles de l’institution restent faibles au regard de la tâche à réaliser et de l’acuité du problème mais nous n’avons aucune aide de la part du gouvernement. Nous avons le droit d’exister, ce qui pour nous est déjà un point positif. Cependant plus que jamais nous sommes aux côtés de ces enfants qui sont parmi les plus vulnérables en Haïti. L’instabilité gouvernementale fait que nous ne pouvons pas avoir de projets à long terme. Le problème actuel est de consolider le foyer mais un seul foyer ne suffit pas, et nous avons le projet d’un réseau de foyers. Nous sommes soutenus par la Fondation de France et différentes ONG.

 Bibliographie et documentation : 

 NOUVELLES IMAGES d’HAÏTI – Le mensuel du Collectif Haïti de France – N°138 – mars 2015

Martelly part à la suite d’un accord avec le parlement

A quelques heures de la fin de son mandat, le président sortant a signé, le samedi 6 février, au palais présidentiel, un accord avec les présidents des deux branches du parlement, respectivement Jocelerme Privert (sénat) et Cholzer Chancy (chambre des députés). Cet accord prévoit que l’assemblée nationale, incomplète à cause du processus électoral inachevé, élira un président provisoire en remplacement de Martelly, qui a passé 4 ans sans organiser d’élections. Considérées comme frauduleuses, la présidentielle, les législatives et municipales, tenues au cours de la 5e année, ont provoqué une crise politique majeure qui affecte la légitimité des nouveaux élus. Le 7 février, une séance en assemblée nationale a formellement constaté le vide présidentiel. Le premier ministre Evans Paul, à la tête du conseil des ministres, assure la continuité de l’Etat, en attendant qu’un président provisoire soit élu. Des manifestations antigouvernementales se sont poursuivies le 6 février et des violences ont été enregistrées dans plusieurs départements, faisant des victimes et des dégâts matériels.

AlterPresse publie le fac-similé de l’accord, intervenu le 6 février.

www.alterpresse.org

Haïti : Sécheresse, inondations, un ballet macabre et interminable

Thématique à mettre au centre des prochains débats électoraux et à l’agenda dela mobilisation citoyenne,

 Alors qu’Haïti vient de connaître une longue période de sécheresse avec d’importantes conséquences sur la disponibilité alimentaire, la « saison des pluies », à peine débutée fin mars, égrène son chapelet de morts et dégâts matériels dus à des inondations. 

Très tristes les dernières informations communiquées par la Direction de la protection civile (Dpc) : six personnes tuées et plus de 8 mille familles sinistrées dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince à l’issue de 4 soirs de pluie. En tout 8 377 habitations ont été envahies par les eaux dans plusieurs communes de la zone métropolitaine. 

On craint que les jours à venir ne réservent des bilans plus catastrophiques. 

Vulnérabilité, irresponsabilité, incapacité 

La vulnérabilité semble s’accroitre au fil des années à la campagne et dans les villes. Contrairement à d’autres pays de la Caraïbe, notamment les voisins dominicains, qui parviennent à récupérer une partie de leur couverture végétale, la destruction se poursuit sans relâche, y compris dans ce qui reste de forêt (moins de 2%). 

D’autre part, le volume de déchets non gérés augmente à vue d’œil, en grande partie dans les villes, en particulier à la capitale. 6 mille m3 de déchets sont ramassés par jour et 1,200 m3 vont dans les ravins, sont brûlés ou font l’objet d’une gestion directe, pas toujours efficace, suivant des informations citées par l’Association des Agro-professionnels haïtiens (Andah). 

Chacun souhaite ne pas être surpris par la pluie dans les rues de la capitale, qui se transforment rapidement en torrent de boue et de fatras. 

 

Il suffit de jeter un coup d’œil dans divers quartiers de toutes les banlieues et au centre de Port-au-Prince pour se rendre compte de la fragilité de notre situation environnementale, doublée d’une incapacité à trouver des formules viables pour faire face au danger. 

Déchets en plastique, tissus, verre et métal envahissent la chaussée, mélangés aux déchets organiques et aux alluvions qui s’accumulent au bord des routes. 

Tout le long de la route nationale numéro 2 à hauteur de Carrefour (périphérie sud), on constate des tonnes de boue provenant des montagnes environnantes qui perdent au fur et à mesure toute capacité de maintenir une certaine couverture végétale. 

Des riverains indiquent à AlterPresse que plusieurs arbres ont été déracinés dans toute la zone de Diquini (commune de Carrefour). A Delmas (périphérie nord), des infrastructures routières nouvellement construites sont mises à rude épreuve, comme à Pétionville. Partout, le même constat. 

Une simple observation montre que des canaux n’ont pas été curés depuis longtemps. On y voit même des herbes sauvages pousser. A certains endroits, notamment à Tabarre (périphérie nord) et Pernier (commune de Pétionville), les gravats de la précédente saison de pluie rencontrent ceux de l’actuelle période pluvieuse. 

La situation présente met à nu la mauvaise gestion de l’environnement de la part des autorités en place ainsi que l’irresponsabilité des citoyens qui continuent, malgré la présence quotidienne du danger, à avoir des comportements inappropriés. 

Alors que la surpopulation des quartiers influe directement sur le volume de déchets à gérer, de nombreux habitants jettent les ordures un peu partout. D’importantes agglomérations demeurent non couvertes par les services de collection ou ramassage des déchets. 

En plus des politiques à mettre en œuvre par le gouvernement, on est porté à se demander si les médias à vocation publique comme Radio Nationale et Télévision Nationale ne devraient pas mieux utiliser leur temps d’antenne en prenant le leadership d’un urgent travail d’éducation médiatique sur l’environnement et l’urbanisme. 

  

Conjugaison de sécheresse et pluie, thématique à mettre au centre des prochains débats électoraux 

Les pluies du printemps arrivent après une longue période de sécheresse accrue depuis l’été 2014, affectant sensiblement la production agricole, alors que la pression des produits importés est constante sur le marché. 

La sécheresse prolongée a causé des pertes au niveau de quelques cultures annuelles, comme les bananes ainsi que les mangues qui ont connu un murissement précoce dans plusieurs départements du pays. Les cultures, comme les racines et les tubercules, ont accusé un faible niveau de production, rapportait AlterPresse à la mi-mars. 

Comment construire durablement un pays dans ce va-et-vient infernal entre sécheresse et inondations. Comment développer une conscience de cette tenaille dans laquelle est prise la société haïtienne, si le thème ne constitue que le cadet des soucis des équipes successives au pouvoir. 

Voici bien un problème réel : la fragilité de l’environnement, avec un cortège de risques et désastres, qui devrait être placé au centre des débats électoraux et être en permanence à l’agenda de la mobilisation citoyenne. 

  

Par Gotson Pierre, P-au-P., 6 avril 2015 [AlterPresse]

Un vaccin contre le choléra chez 200 000 personnes vulnérables

L’Organisation Panaméricaine de la Santé/Organisation Mondiale de la Santé (OPS/OMS) projette une nouvelle campagne de vaccination orale contre le choléra, pour 200 000 personnes vulnérables, indique le représentant de l’institution en Haïti, Jean-Luc Poncelet, à AlterPresse.
400 000 doses du vaccin oral Schancol, seront utilisées pour vacciner, en deux phases, des milliers de personnes vivant dans des conditions à risque de contamination du choléra.
En 2013, plus de 100 000 personnes ont été touchées par une campagne de vaccination contre le choléra, dans le cadre d’une expérience-pilote menée par le groupe haïtien d’études du syndrome de Karposi et des infections opportunistes (Gheskio) et Zanmi la Sante.
Une première campagne de vaccination contre le choléra avait débuté, le jeudi 12 avril 2012 en Haïti.
Approuvé depuis longtemps par l’OPS/OMS pour son efficacité, ce vaccin est toujours présenté comme une mesure additionnelle et complémentaire aux autres mesures.
Cette vaccination est proposée dans certaines conditions bien spécifiques, dans lesquelles se trouvent des communautés privées de possibilités de lutte contre le choléra. Des critères vont être définis pour identifier les zones à risque nécessitant une campagne de vaccination.
L’aspect important pour combattre le choléra est de s’assurer que les gens ont accès à l’eau, des latrines correctes et bénéficient d’une attention médicale appropriée, préconise le représentant de l’Ops/Oms.
Depuis l’apparition de l’épidémie du choléra, le 18 octobre 2010, plus de 8,000 personnes sont décédées et 700,000 autres ont été infectées. 

 

UNE SEMAINE EN HAÏTI, L’hebdomadaire du Collectif Haïti de France

Une rédaction d’Alterpresse … avec le soutien de la Fokal

N°1143 – 6 Juin 2014

Des dispositions de la protection civile pour faire face à la saison cyclonique 2014

Nettoyage de canaux, établissement d’une liste d’abris provisoires sont parmi les actions en cours ou déjà réalisées dans le cadre des préparatifs pour faire face à la saison cyclonique 2014 (1er juin au 30 novembre).
Des rencontres sont prévues avec le Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle pour déterminer les écoles qui peuvent servir d’abris provisoires en cas d’urgence.
De jeunes professionnels en génie militaire, sous la direction du Ministère de la défense, travailleront, de concert avec le Ministère de l’intérieur et le Centre national d’équipements dans une vaste opération de protection de la population.
Les communautés auront accès à des numéros de téléphones pour informer les autorités, en temps réel, de ce qui se passe dans leurs zones, en vue de faciliter les interventions.
Un nouveau modèle de partenariat et collaboration avec la presse permettra aux journalistes, déployés sur le terrain, d’être mieux équipés.
La communauté humanitaire internationale envisage d’appuyer, par exemple, un processus de mise à jour d’une liste des abris d’évacuation d’urgence dans des zones vulnérables, côtières et inondables. Le coordonnateur humanitaire, Johan Peleman attire l’attention des autorités sur le risque de résurgence de choléra, durant les moments de fortes pluies et dans les conditions sanitaires difficiles existant dans les camps.
Malgré une saison moins active, la vigilance est de mise, recommande le centre national de météorologie en Haïti. « C’est généralement dans les saisons, qui ne sont pas tellement actives, que le pays est frappé par des cyclones majeurs (cyclone Flora en 1963) ».

UNE SEMAINE EN HAÏTI, L’hebdomadaire du Collectif Haïti de France

Une rédaction d’Alterpresse … avec le soutien de la Fokal

N°1143 – 6 Juin 2014

Reconstruction : Opérations de démolition dans un contexte de pillages et d’absence de communication à Port-au-Prince

Le processus de démolition des maisons – dans les rues du Champ-de-Mars, de la Réunion, Saint-Honoré, et de l’Enterrement (centre de la capitale) – a débuté au cours de la journée du samedi 31 mai 2014.
Certains locataires courent se réfugier dans les ruines de maisons effondrées dans le séisme du 12 janvier 2010.
Dans un nuage de poussière, une démolisseuse du ministère des travaux publics, transports et communications (MTPTC) rase les maisons, sous l’œil d’agents de force de l’ordre qui poursuivent les ramasseurs cherchant à piller les maisons non encore détruites.
Les résidentes et résidents n’ont pas été avertis de la date des opérations. Pris à l’improviste, ils parlent d’un tremblement de terre.
La foule est immense. Composée de curieux, de propriétaires ou de simples locataires fraîchement délogés et surtout, en grande majorité, de grappilleurs de tôles, de bois, de fer, voire d’ustensiles, elle fait penser à une entreprise qui ouvre à peine ses portes pour l’embauche.
Les pillards, qui profitent de la situation, sont très virulents et menacent verbalement les journalistes qui s’avisent de les prendre en photos.
Un locataire, qui résistait aux manœuvres d’un pillard armé, a été blessé au visage par une pierre.

Aussitôt qu’une maison est détruite, une vague de ces jeunes hommes déferle, marteaux et pinces en mains, car tout peut servir, même des bouteilles.
Piquant est un habitant de la zone. Il vient de perdre une petite entreprise qui lui permettait de payer son loyer annuel de 50 000 gourdes. « Martelly est un président sans foi ni loi.  Vous me laissez avec quoi (…) ? Avec quoi, vais-je payer l’écolage des enfants ? », demande-t-il aux autorités.
Dodo est père de deux enfants. Pour lui, le gouvernement devait attendre la fin de l’année académique. Il craint que ses filles ne finissent pas bien l’année scolaire 2013-2014.
Pour Jacky, qui est allé se réfugier chez une sœur habitant en Plaine du Cul-de-sac, cet évènement lui rappelle le tremblement de terre du 12 janvier 2010, tant par l’image de la destruction que par la surprise provoquée par le déroulement des opérations de démolition.
Propriétaire, héritier de sa mère, Anderson reconnaît avoir rencontré les autorités, au bureau d’un notaire de la capitale. Il est surpris de voir qu’il n’a pas été averti des opérations de démolition des maisons.
D’autres propriétaires soutiennent n’avoir reçu aucun dédommagement des autorités.
Le processus régulier d’indemnisation serait achevé, sauf pour celles et ceux qui pourraient présenter des papiers corrects, dont des titres de propriétés, selon une source auprès du bureau du Premier Ministre. 

 

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N°1143 – 6 Juin 2014

Le MSPP alerte sur des foyers actifs de choléra dans cinq départements

Le ministère de la santé publique et de la population. (MSPP) alerte les populations de dix-sept communes dans les départements géographiques de l’Ouest, de l’Artibonite, du Centre, du Sud-Est et du Sud, à rester vigilantes en raison de la présence de foyers actifs de l’épidémie de choléra.
Des « points chauds » sont actuellement constatés au niveau de 17 communes de ces départements, informe la directrice générale du MSPP, Guirlaine Raymond Charité. Les communautés sont invitées à respecter des principes liés à la prévention du choléra.
Quoi qu’il en soit, les données chiffrées sur la réalité de l’épidémie de choléra actuellement en Haïti ne sont pas dévoilée par les autorités sanitaires. (http://www.alterpresse.org/spip.php?article15839).              

 

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N°1124 – 22 Janvier 2014

En quête de 169 millions de dollars pour 817 mille déplacés du tremblement de terre

A quelques semaines du quatrième anniversaire du tremblement de terre du 12 janvier 2010, l’Organisation des Nations Unies (ONU) sollicite de ses donateurs, 169 millions de dollars américains pour pouvoir fournir une aide humanitaire en 2014, à 817000 personnes déplacées, souffrant encore des conséquences du séisme de 2010.
« Nous nous rendons compte que nous sommes en concurrence avec d’autres crises, comme la Syrie, les Philippines(…). Mais nous ne pouvons pas ignorer la gravité de la situation en Haïti », a déclaré, le 17 décembre 2013 à Genève en Suisse, le représentant adjoint de l’ONU en Haïti, Peter de Clerq. « Ils sont en majorité des femmes et des enfants, pour lesquels il n’existe aucune solution de rechange, ils ne savent pas où aller», déplore P. de Clerq.
De plus, beaucoup de ces personnes risquent l’expulsion forcée, du fait que bon nombre des camps sont situés sur des propriétés privées.
Depuis le séisme, 85% des personnes déplacées ont quitté les camps. En 2014, 145 mille personnes déplacées y seront encore.
Un des plus grands problèmes des camps est le manque d’accès à l’eau et à l’assainissement. Cette situation a aggravé l’épidémie de choléra ayant déjà tué plus de 8 000 personnes et touché 700 000 depuis l’apparition de l’épidémie en octobre 2010. Malgré des « progrès significatifs » pour freiner le nombre de décès dus au choléra, Haïti représente encore la moitié de tous les cas mondiaux. En 2014, 45 000 personnes pourraient être touchées par la maladie.
« Il faut s’attaquer, une fois pour toutes, à l’épidémie pour l’empêcher de se répandre dans la région. Nous avons conçu un plan d’urgence à développer au cours de la saison sèche, (…) pour éviter de nouveaux foyers de la maladie lorsque les pluies commencent », a dit le responsable onusien. Ce plan prévoit une augmentation des interventions médicales pour détecter les cas, la distribution de comprimés de chlore pour purifier l’eau, et, à plus long terme, la construction de système d’assainissement nécessitant un montant supplémentaire de 40 millions de dollars.
US $ 1.00 = 45.00 gourdes ; 1 euro = 63.00 gourdes aujourd’hui. 

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N°1121 – 27 Décembre 2013